Ne jamais dire que tout est fatalité...Même lorsqu'on croit que tout est fini, notre chemin est toujours parcouru par un plus grand que soi !Je préfère la réalité à la vérité toute faite des autres qui ne s'exprime que dans les discours... mais, je ne cesse point la recherche de ma vérité, cette quête du sens qui permet de trouver la voie de son bonheur, la lumière. (les articles syndicaux ou de politique syndicale sont au titre du syndicat Autonome à la RATP)
Le mois de mai, de manière presque légendaire est vraiment la lucarne empruntée pour exprimer tous les sentiments de liberté, comme quand l’État français décide d’inscrire au Bulletin Officiel n°16 du 20 avril 2006, la journée du 10 mai : journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, tout en laissant aux régions d’outre-mer le bénéfice de leurs dates respectives de souvenir de cette abolition de l’esclavage, c’est-à-dire le 22 mai pour la Martinique, le 27 mai pour la Guadeloupe, le 10 juin pour la Guyane et le 20 décembre pour la Réunion.
Notre pays, oui la France, un pays dont nous pouvons tous être fiers d’en être les enfants, les héritiers d’un enchevêtrement dense de pages d’histoires parfois douloureuses et glorieuses.
Oui, la France fait ainsi écho à cet indispensable devoir de mémoire en reconnaissant d’autre part dans une circulaire du Premier ministre parue le vendredi 2 mai 2008 au Journal Officiel, la date du 23 mai comme date commémorative de l’esclavage en métropole par les associations regroupant les Français d’Outre-mer.
« Cette date rappelle, d’une part, celle de l’abolition de l’esclavage en 1848, et, d’autre part, celle de la marche silencieuse du 23 mai 1998
qui a contribué au débat national aboutissant au vote de la loi reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité », souligne le
Premier ministre François Fillon dans la circulaire.
Un devoir de mémoire résultant de cette longue et regrettable période de l’esclavage qui a duré plus de quatre siècles et fait plus de 42 millions de déportés.
Dans les îles, la durée de vie d’un individu sans identité, un esclave, n’était en moyenne que de 3 ans.
La Guadeloupe par exemple, indépendante en 1775, garde encore les stigmates d’un État colonisateur qui l’a reléguée au second plan, même quand il décrétait l’abolition de l’esclavage dans les colonies en 1848.
Cette année-là, on a « libéré » les esclaves de leurs bourreaux, mais les colons ont conservé les terres, les maisons, les richesses, et ont été dédommagés pour un crime de plus de quatre siècles, en fonction de la taille des exploitations et par tête d’esclaves relâchés (500 écus, soit 2500 F en moyenne par tête). C’est un paradoxe, et un paradoxe bien plus qu’intellectuel...
De grandes familles de békés possèdent encore des terres qu’elles ont reçues en héritage. Ce ne sont, ni plus ni moins, d’anciennes habitations d’esclaves, des terres qui ont vu couler le sang d’hommes, de femmes, d’enfants, subissant une des plus terribles horreurs du monde : l’esclavage.
Des terres qui ont été les témoins muets de propriétaires d’esclaves écartelant ou faisant plonger les fugitifs dans une marmite d’eau bouillante en guise de punition, de maîtres coupant le jarret ou tranchant l’oreille des esclaves qui avaient osé, tenté un jour de jouir de la liberté.
En 1848, l’homme noir n’est plus esclave et devient citoyen. Mais en réalité, il est bien obligé de rester sur les terres de son ancien maître et de travailler à la plantation pour gagner sa vie.
Libre, mais à la rue, sans un sou en poche, sans logement, il revient dans ces cases où il a connu les pires monstruosités (assister impuissant ses semblables se faire torturer, ses enfants, sa compagne se faire violer, écorcher, massacrer).
Il lui sera demandé d’avoir de la reconnaissance pour la République française qui l’a fait libre, de faire preuve de mansuétude envers les propriétaires des exploitations agricoles qui ne pourront le payer qu’à la fin des récoltes, parce qu’ils n’ont pas d’argent et que la colonie est pauvre...
Aujourd’hui, les privations de libertés, les humiliations ont peut-être changé de forme dans ce Nouveau Monde, mais elles ne restent pas pour autant moins condamnables.
Tout de même, chacun devrait être investi d’un caractère indubitable de la condition humaine, c’est que le ruminement de l’histoire, tant bien même qu’elle fût douloureuse, la culture de la haine, de la violence n’est pas une panacée, c’est un piège.
Tout cela rend aveugle, trouble la conscience, tandis que la confiance, le pardon, l’espérance sont des forces, des puissances. Ils permettent d’avancer sans pour autant oublier, rien renier, nous ôter la quiétude, le sourire et le respect des autres.
On bénéficie en France d’une grande liberté exprimée par la démocratie. Il faut en user avec gourmandise. Si nous voulons, que les situations changent, s’améliorent, nous le pouvons en nous engageant dans les organisations légales comme les syndicats par exemple.
Nous avons tous un rôle à jouer, mais faudrait-il encore que nous nous donnions les moyens. Que nous nous placions en position de réussite. Que nous mettons toutes les chances de notre côté !
C’est ensemble que nous triompherons des divisions, des injustices et non pas en sabotant notre intégration aux références de la République, aux valeurs humanistes du monde.
Clabauder ou pas contre les employeurs, les dirigeants de notre société, en se croisant les bras, en regardant se faire les choses, ce n’est pas une solution. Il n’y a pas de fatalité, même pour les causes qui nous semblent perdues.
Il faut faire valoir ses talents sans veulerie, ne jamais abandonner, car aucune ambition, aucune idée ne méritent d’être réalisées si l’on ne s’engage pas, si l’on ne se bat pas suffisamment pour elles.
Enfin, pour conclure, nous citerons un grand homme qui nous a quittés ce 17 avril 2008 à Fort-de-France, monsieur Aimé Césaire, ce grand poète français, chantre de la négritude (cette prise de conscience d’être Noir, ce fragment de l’identité nationale), un défenseur inlassable du mieux vivre ensemble, de la fraternité :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche,
Ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ».
« Mon peuple, ne soyez pas un jouet au carnaval des autres ».